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Daube de bœuf provençale à l'orange

Si je vous dis recette provençale, la daube vous vient-elle de suite à l’esprit ? Quel plaisir de servir un plat familial mitonné comme celui-là ! Et si vous y ajoutiez de l’orange à votre daube ? 

Si si, j’ai bien dit des oranges (du jus dans la sauce, des zestes confits et des quartiers frais au dressage). L’association fonctionne à merveille. La daube désigne aujourd’hui communément le plat mais si on remonte aux origines, on voit qu’il fait référence au mode de préparation et de cuisson : mariné et cuit à l’étouffé. Lisez plutôt.

Le nom de ce plat du sud par excellence vient du provençal adobar (adoubà), qui signifie initialement préparer, arranger (pour devenir ensuite par extension apprêter un aliment et donc selon les coutumes locales le faire mariner). La daube aurait donc dû s'écrire en français « adobe » ou « dobe ». Si on remonte plus loin, il vient en réalité du Moyen-Age où adobar était utilisé pour signifier armer un chevalier, le préparer à son rôle de chevalier. Car en vieux français “adober” signifiait préparer (habiller et armer) un chevalier, mot venant lui-même de “dubban” qui si j’ai bien tout compris voulait dire frapper car quand un chevalier était proclamé on frappait son épaule avec l’épée.

Le terme s’est rapidement installé pour désigner la marinade mais aussi le mode de cuisson à l'étouffée dans une marinade. La Varenne dans l’ouvrage de référence de l’époque Le Cuisinier François mentionne en 1654 une « manière de cuire une viande dans un liquide assaisonné ».  La première apparition daterait de 1750. J’ai aussi lu que la daube était auparavant servie froide. A vérifier.

Le plat est donc traditionnellement cuit dans un récipient fermé, une daubière ou autres cocottes aujourd’hui. Le terme daube s'applique désormais au procédé de cuisson à l'étuvée ainsi qu'au morceau de viande cuit de cette façon.

Grand classique de la cuisine provençale, il existe de nombreuses variantes selon le lieu en Provence. C’est le plus souvent du boeuf qui est utilisé, parfois du taureau à Arles ou en Camargue (la gardianne de taureau), du sanglier ou même de l'agneau ou du mouton, du lapin ou encore du veau, bref quasiment toutes les viandes sont cuites ainsi. La marinade est principalement au vin rouge, quoi qu’il existe à Arles une daube marinée au vin blanc. J’ai aussi lu des variantes avec des olives à la place des carottes (daube comtadine), avec des cèpes (daube niçoise). Mais encore une fois, chaque endroit de Provence (voir chaque famille) a sa propre recette.


Les grands principes du plat : La viande coupée en gros dés trempe et marine pendant 1/2 journée à 1 jour dans du vin rouge local un peu corsé (type Gigondas) et bien aromatisé avec des herbes (thym, romarin…), des épices, des zestes d'orange, sel et poivre. Elle est ensuite égouttée et revenue avec de l’huile d’olive dans la daubière / cocotte où l’on fait fondre du lard et la garniture aromatique avant d’ajouter la viande et sa marinade, sans oublier le bouquet garni. La cuisson est douce et longue. Certains ajoutent gingembre, cannelle, voire même du chocolat.

Ce plat est souvent servi avec des pâtes. Personnellement je n’aime pas trop parce que les plats en sauce avec des pâtes un peu grands et glissantes ne rendent pas toujours la tâche facile aux convives parfois gênés de risquer de faire des tâches. Préférez des pâtes de petite taille à des tagliatelles. Je préfère servir cette daube à l’orange avec du riz, voire une bonne purée maison.

Cette recette diffère un peu des recettes ancestrales et de l'origine du nom daube car la viande n'est pas mainée. Mais elle prend de la cuisson dans le vin et l'orange toute sa saveur. Donc moins de temps et moins d'anticipation.

Daube de bœuf provençale à l'orangeDaube de bœuf provençale à l'orangeDaube de bœuf provençale à l'orange

RECETTE

Temps de préparation : 15 mn
Temps de cuisson : 2 heures
Quantité : 6-8 personnes 
Matériel spécifique : aucun

INGREDIENTS

1,4 kg de paleron de bœuf (ou mix paleron et joue de  bœuf)
75 cl de vin rouge
4 oranges (bio car on utilise les zestes)
2 carottes
1 gros oignon
2 gousses d’ail
2 feuilles de laurier
10 grains de poivre
1 clou de girofle
5 baies de genièvre
2 c. à soupe d’huile d’olive
30 gr de sucre

LES GRANDES ETAPES

On fait revenir la garniture aromatique puis la viande et on cuit avec le vin et du jus d’orange. Au moment de servir on décore de zeste d’orange que l’on aura fait confire et de quartiers d’orange pelés à vif.

DEROULE

Commencez par préparer la garniture aromatique (carotte, ail et oignon). Émincez l’ail et coupez les carottes et l’oignon en petits dés. Dans une cocotte, faites chauffer l’huile d’olive et faites revenir cette garniture aromatique.

Coupez la viande en gros morceaux (environ 4 cm de côté). Ajoutez la viande à la garniture aromatique. Saisissez-là sur chaque face pendant environ 5 minutes.

Pendant que la viande saisit, utilisez 2 des 4 oranges. Prélevez les zestes et pressez leur jus.

Versez le vin et le jus d’orange dans la cocotte sur la garniture aromatique et la viande. Ajoutez les aromates (laurier, poivre, clou de girofle, baie de genièvre). Couvrez et faites cuire à feu doux pendant 2 heures.

Pendant ce temps, préparez les éléments de décor du plat.

  • Les zestes d’orange confits : Faites confire les zestes d’orange dans 200 ml d’eau sucrée (avec les 30 gr de sucre donc). Laissez bouillir une dizaine de minutes puis passez dans un chinois ou retirez les zestes avec un écumoire.
  • Les quartiers d’orange : Pelez à vif les 2 oranges restantes et prélevez des quartiers qui serviront de décoration.

Au moment de servir, déposez la daube dans un plat de service. Décorez avec les zestes d’orange confits et les quartiers d’orange.

Bon appétit !

Daube de bœuf provençale à l'orangeDaube de bœuf provençale à l'orange

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